Vous voulez devenir un virtuose du piano ou du golf, et vous avez entendu dire qu’il faut s’entraîner 10 000 heures pour atteindre l’excellence ? Vous avez renoncé à l’idée d’un tel marathon, ou au contraire vous en êtes déjà à 9 000 heures ? Dans les deux cas, vous avez peut-être fait fausse route. Avec son équipe, Zachary Hambrick, chercheur à Atlanta, a voulu vérifier le mythe des 10 000 heures, et patatras ! En reprenant des études consacrées à l’entraînement de plus d’un millier de joueurs d’échecs, il estime que le temps consacré n’explique que le tiers de leurs compétences à ce jeu. Certains grands champions se sont entraînés pendant 800 heures « seulement », et d’autres pendant… 24 000 ! Et parmi les joueurs de niveau moyen, 13 % se sont entraînés davantage que les meilleurs. Les résultats sont comparables chez les pianistes : un tiers de leurs performances s’expliquerait par le nombre d’heures passées devant le clavier. Certains deviennent des musiciens prodiges en se mettant relativement peu à la tâche, alors que d’autres, forcenés, ne dépasseront pas un niveau moyen. Le temps ne fait donc rien à l’affaire, ou alors moins que prévu. Atteindre la virtuosité serait une question de… Eh bien, Zachary Hambrick ne sait pas trop. De personnalité, d’intelligence, de gènes, de mémoire de travail… Peut-être plus certainement d’âge : « Il pourrait y avoir une période critique pour l’acquisition d’habiletés complexes ». On ne devient pas Mozart en apprenant la musique à 30 ans. Mais on peut toujours jouer pour le plaisir, sans se rendre esclave de se vouloir maître…
Le mythe des 10 000 heures
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