États-Unis/ Chine : duel au sommet

La confrontation avec la Chine est devenue l’alpha et l’oméga de l’idée que les États-Unis se font du monde. Et ils entendent tout faire pour ne pas être les perdants face à l’ascension de leur rivale.

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La démocratie a toujours été au cœur de la politique étrangère des États-Unis et du récit américain du monde, des Pères fondateurs à la guerre froide. La présidence de Woodrow Wilson, qui a engagé le pays dans la Première Guerre mondiale, a marqué un tournant dans la politique étrangère, en introduisant l’idée inspirée d’Emmanuel Kant que les démocraties sont moins susceptibles de se faire la guerre, et que les États-Unis doivent donc œuvrer à sa diffusion dans le monde. Plus récemment, le président George W. Bush lui a donné mauvaise presse en raison des conséquences désastreuses de l’invasion de l’Irak en 2003, dont le récit officiel a été celui de la promotion de la démocratie. Le président Joe Biden, vainqueur en 2020 contre le sortant Donald Trump, a semblé remettre la démocratie au centre du discours américain de politique étrangère, évoquant une « bataille entre démocraties et autocraties » censée définir les relations internationales au 21e siècle et constituer le moteur de la politique étrangère américaine.

Vers une nouvelle guerre froide ?

Ce serait pourtant une erreur de voir là le récit dominant que les États-Uniens font du monde aujourd’hui. Joe Biden en a certes fait une phrase emblématique – mais surtout au début de son mandat, et surtout lorsqu’il s’adressait aux Européens. Les « Sommets pour la démocratie », censés constituer le symbole de cette approche, n’ont eu ni l’écho ni les effets escomptés, et sont aujourd’hui anecdotiques dans la stratégie américaine.

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