Vivre sans payer ?

Gratuité, l'idée qui monte

Rendre gratuit l’accès à des biens et services n’entraîne pas forcément de surcoût pour la collectivité. Mais jusqu’où aller ?

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Pour lutter contre l’insécurité financière des économies libérales, certains économistes, pas forcément de gauche d’ailleurs, préconisent qu’une sorte de « filet de sécurité » soit assuré aux citoyens des pays qui en ont les moyens : on appelle cela « revenu universel » ou « revenu de base » ou encore « dotation inconditionnelle », selon les formules proposées.

La gratuité n’est pas forcément coûteuse

Selon le politologue Paul Ariès, il y a mieux à faire : c’est la gratuité. Rien à voir cependant avec « demain, on rase gratis », la fameuse promesse du barbier qui jamais n’est tenue, car comme chacun sait, tout a un coût et on n’a rien pour rien. C’est exact : tout travail accompli, tout service rendu a effectivement un coût, mais pas forcément un prix à payer. Et c’est cette différence qui intéresse Paul Ariès : dans une économie marchande, les prix sont fixés par la recherche d’un profit, et conditionnent l’accès ou non aux biens et services à ce seul critère. Dans une économie de la gratuité, l’accès aux biens et aux services est décidé politiquement, en fonction de ce qui est possible et souhaitable.

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