Novembre 2018 : un appel signé par 80 universitaires et intellectuels dénonçait l’emprise croissante du mouvement « décolonial » sur les établissements d’enseignement supérieur français, mouvement suspecté de saper les fondements de la République. Un an plus tard, une autre tribune fustigeait le « gauchisme culturel décolonial », son jargon alambiqué et sa prétention à s’imposer comme un savoir académique. Quelques mois plus tard, c’est au tour du ministre de l’Éducation d’épingler publiquement l’idéologie « indigéniste, raciste et décoloniale », et de l’associer, de près ou de loin, à l’islamisme radical. Cette dernière précaution valait d’être prise car, peu de temps après, un sondage révélait que près de 60 % des personnes vivant en France ignoraient le sens du mot « décolonial », mais en revanche percevaient aisément l’islamisme comme un phénomène hostile. L’effet était attendu, mais pas très honnête.
Décolonial
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