Le manuscrit retrouvé

Quattrocento
. Stephen Greenblatt
, Flammarion, 2013, 
345 p., 21,90 €.

En 1417, Poggio Bracciolini, ex-secrétaire apostolique d’un pape en déroute, poète licencieux et chasseur de manuscrits anciens, met la main en Allemagne sur un trésor perdu : un exemplaire du De rerum naturade Lucrèce, poète latin du Ier siècle av. J.‑C. Ce texte expose l’essentiel de la doctrine « atomiste » du philosophe Épicure (IIIe siècle av. J.‑C.). Bracciolini (dit « Le Pogge ») use donc de la prudence nécessaire pour en obtenir la copie et… Le mal est fait : d’érudit en érudit, le plus admirable morceau de poésie matérialiste, athée et hédoniste qu’ait produit l’Antiquité se répand en Europe et alimente une révolution de la pensée, que l’on appellera « humanisme » : Giordano Bruno, Nicolas Machiavel, Michel de Montaigne, William Shakespeare, Thomas Hobbes, sans compter avant eux des artistes et lettrés italiens, seront des lecteurs passionnés de Lucrèce.

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