La doctrine épicurienne donne lieu à des malentendus ou à des déceptions tant que l’on n’applique pas ses préceptes à la lettre. Lesquels préceptes peuvent paraître difficiles à avaler, tant ils s’en prennent directement à nos illusions les plus chères. Non que l’épicurisme enseigne la tristesse et le désenchantement, mais parce que le bonheur exige une discipline rigoureuse. De là, un problème de « communication ». Quand il s’agit de soigner les maux de l’âme, comment attirer les hommes vers le remède ? Comment leur donner le désir de guérir ? Épicure était toujours disposé à résumer sa doctrine pour ceux qui en faisaient la demande ; mais il méprisait les aménités de la rhétorique, et rejetait la poésie comme une activité superflue.
Lucrèce et le miel de la poésie
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