Brian Hayden, archéologue de l’université Simon-Fraser (Colombie-Britannique) est un homme obstiné. Il y a bientôt trente ans, il fouillait, à 250 kilomètres au nord de Vancouver, les vestiges d’un important village de pêcheurs de saumons remontant à un bon millier d’années sur un site nommé Keatley Creek. Il lui est apparu que, d’un habitat à l’autre, il existait des signes d’inégalités de ressources et de statut. Or on a de bonnes raisons de penser que tous les peuples préhistoriques d’avant la néolithisation vivaient de la même manière que les actuels groupes de chasseurs-cueilleurs (comme les Aborigènes d’Australie…) : de petits groupes de parents, se déplaçant au gré des ressources, et appliquant des règles strictes de partage faisant obstacle à toute inégalité économique ou sociale, si l’on excepte celle qui régnait sans doute entre les deux sexes. Vient ensuite la « transition néolithique » – la domestication des plantes et des animaux –, qui voit naître la sédentarité et l’inégalité, dues à la production d’un surplus alimentaire.
Naissance des inégalités : l'hypothèse mafieuse
La fouille d’un village de pêcheurs amérindiens du Nord-Ouest du Canada suggère que l’accaparement d’une ressource essentielle et son accumulation par une élite seraient aux sources de l’inégalité.
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