Le terme « protestant » n’apparaît qu’en 1529, pour désigner la minorité luthérienne d’Allemagne. Protester, c’est bien évidemment professer, adhérer à un christianisme épuré dans ses rites et dans ses dogmes, et présenté par là même comme plus authentique que le catholicisme romain. Le terme finit par s’appliquer à l’ensemble des Églises adeptes d’une Réforme en rupture avec la papauté. On distingue ultérieurement une Réforme magistérielle, centrée sur l’enseignement de quelques grandes personnalités (Martin Luther, Jean Calvin, Ulrich Zwingli à Zurich, Martin Bucer à Strasbourg, John Knox en Écosse…), d’une Réforme radicale (baptistes, spiritualistes, communistes primitifs ou rationalistes), plus difficile à cerner de façon précise vu son caractère contestataire polymorphe. Nous ne retiendrons ici que la Réforme magistérielle du 16e siècle, dans un espace couvrant l’Europe occidentale (Grande-Bretagne, France, Suisse actuelle, Allemagne…). L’historien Jules Michelet avait parfaitement perçu au 19e siècle combien l’histoire des protestantismes était liée à l’affirmation des États-nations : « Le grand éclat de Luther, sa personnalité puissante, le succès de sa résistance rayonnèrent dans toute l’Europe, et la Réforme en fut encouragée. D’elle-même, elle était née partout. Partout, en France, en Suisse, elle fut indigène, un fruit du sol et de circonstances diverses qui pourtant donnèrent un fruit identique. » Quel est donc ce protestantisme qui n’est jamais ni tout à fait le même ni tout à fait un autre ?
Pourquoi des protestants ?
Née au 16e siècle, la Réforme est un étendard auquel se sont ralliés divers mouvements contestant l’autorité de l’Église catholique.
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