Pourquoi brûle-t-on des bibliothèques ?

Pourquoi
 brûle-t-on 
des bibliothèques ?
. Denis Merklen, Presses de l’Enssib, 
2013, 352 p., 39 €.

« Peu de personnes savent qu’en France, on brûle des bibliothèques. » Et pourtant, Denis Merklen a recensé 70 bibliothèques incendiées entre 1996 et 2013. « Comme pour (les) étouffer », un silence entoure ces incendies, note le sociologue. Ces formes d’actions – violentes, mais ne prenant jamais des personnes physiques pour cibles – soulèvent beaucoup d’interrogations, et les interpréter s’avère difficile, à commencer par le fait qu’elles ne sont « pas accompagnées d’un discours explicite et revendicatif de la part de leurs protagonistes. » La présente enquête a notamment amené l’auteur à s’intéresser au rapport des populations à l’écrit. Il a ainsi pu rapidement constater que « (sa) place était au centre des révoltes, aussi bien en tant que mode de communication que comme enjeu politique et social ». « Les exclus de l’école et de l’emploi se sentent menacés par ceux qui assoient leur pouvoir sur la maîtrise de l’écrit », relève ainsi le sociologue.

Cet article est réservé aux abonnés